dimanche 31 janvier 2010

"PALACE DE LA GAIETÉ" (ZOOPREJ), PARIS, 30 JANVIER 2010

"Palace de la Gaieté". Photographie ©FDM, 2010

Un immeuble à l'abandon, frappé d'alignement. Et depuis si longtemps cette enseigne, qui a résisté aux dégradations du temps.

Noires et blanches, le mur s'est récemment enrichi des vagues ondulées d'un dragon. On reste en Chine. Mais le graphisme est en pleine mutation.

Bravo à ZOOPREJ !

vendredi 22 janvier 2010

ÉLECTROCHOC : ÉVELYNE GROSSMAN INVITÉE "EN LIEU ET PLACE D'ANTONIN ARTAUD"

Les Nouveaux Chemins de la Connaissance (France Culture, 12 janvier 2010) nous gratifiaient récemment d'une émission "Artaud et la folie".

Il y a deux manières de traiter cette question :

Ou l'on aborde la question de manière précise et historique. En tenant compte de l'histoire de la psychiatrie, du discours des psychiatres et de la position qui fut celle d'Artaud. Position critique et dénonciatrice qui, elle aussi, appartient à l'Histoire. Il ne faudrait pas l'oublier.

Ou l'on traite le sujet de manière "universitaire", "littéraire" et rhétorique, en en faisant un joli sujet de conversation.

Cette récente émission de France Culture relève de cette dernière option.

Cela ne serait pas forcément gênant, s'il n'y avait plusieurs points qui font plus que chiffonner.

1°- Évelyne Grossman, en charge de l'édition des Œuvres d'Artaud chez Gallimard, et désormais commentatrice officielle et en titre de la vie et des Œuvres du poète, y intervient sur la question de l'électrochoc. Sans manifestement connaître grand chose de la réalité de l'électrochoc, ni de l'abondante littérature psychiatrique qui s'est développée autour de la question. Avec des assertions qui en ont laissé plus d'un pantois.

Grâce au traitement par électrochoc Artaud, nous dit-elle, "a progressé". Il n'avait certes pas arrêté d'écrire (enfin on le reconnaît !). Mais les électrochocs ont fait qu'il a "recommencé la littérature" !

De la part d'une "Grande spécialiste", l'ensemble de ces propos sont bien curieux. Et il faut bien le dire CONFONDANTS.

2°- Raphaël Enthoven précise en début d'émission (et c'est peut-être encore une figure de rhétorique...) qu'Évelyne Grossman est invitée dans l'émission "en lieu et place d'Antonin Artaud" !

Et voilà-t-il pas que notre Antonin se met, dans la bouche d'Évelyne Grossman, à défendre cela même contre lequel il n'a cessé de s'élever avec la plus extrême virulence : à savoir les traitements par électrochoc et la psychiatrie.

Facétieux, un de mes interlocuteurs de ce blog, se demandait si Mme Grossman accepterait de se soumettre à un traitement d'électro-convulsivothérapie afin de vérifier le bien-fondé des vertus créatives et "littéraires" de l'électrochoc !

Nous n'irons pas jusque-là. Mais de la part de celle qui gère aujourd'hui l'Œuvre du poète et fait figure de parole officielle, on attendrait un peu plus de retrait et de neutralité. Et un examen un peu plus sérieux de la question.

En appeler par ailleurs, dans l'émission, à Deleuze et à Foucault, qui ont défendu les positions que l'on sait, paraît également relever de la tromperie.

Verra-t-on bientôt Évelyne Grossman intervenir, ex cathedra et en comité restreint, à l'Académie de médecine ? "En lieu et place" bien sûr d'Antonin Artaud". Et pour y défendre les vertus hautement créatives de cet électrochoc qu'Artaud a si magistralement vitupéré.

"L'électrochoc, Mr Latrémolière, me désespère, il m'enlève la mémoire, il engourdit ma pensée et mon cœur et fait de moi un absent qui se connaît absent et se voit pendant des semaines à la poursuite de son être, comme un mort à côté d'un vivant qui n'est plus lui, qui exige sa venue et chez qui il ne peut plus entrer." (Antonin Artaud)

samedi 16 janvier 2010

L'AFFAIRE ARTAUD OU LE MACCARTHISME LITTERAIRE, Philippe COHEN

A lire sur le site de
MARIANNE 2 (samedi 16 janvier 2010).
Cliquez ci-dessous :

L'AFFAIRE ARTAUD OU LE MACCARTHISME LITTERAIRE, Philippe COHEN
ARTICLE de Philippe Cohen paru dans Marianne en 2010 ANTONIN ARTAUD et le maccarthisme littéraire Antonin Artaud, né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 4 septembre 1896 et mort à Ivry-sur-Seine le 4 mars 1948, est un poète, romancier, acteur, dessinateur et théoricien du théâtre français. Mais, comme lui même le dit, «en réalité je ne suis jamais né et qu’en vérité je ne peux pas mourir» (lettre à Marthe Robert du 29 mars 1946). Théoricien du théâtre et inventeur du concept du «théâtre de la cruauté» dans Le Théâtre et son double, Artaud aura tenté de transformer de fond en comble la littérature, le théâtre et le cinéma. Par la poésie, la mise en scène, le dessin et la radio, chacune de ces activités a été un outil entre ses mains, «un moyen pour atteindre un peu de la réalité qui le fuit.» Souffrant de maux de tête chroniques depuis son adolescence, qu’il combattra par de constantes injections de médications diverses, la présence de la douleur influera sur ses relations comme sur sa création. Il sera interné en asile près de neuf années durant, subissant de fréquentes séries d’électrochocs. En 1923, il fait éditer ses premiers poèmes «Tric Trac du ciel». L’année suivante, André Breton confie au poète la direction de la Centrale du bureau des recherches surréalistes (Breton dira de lui: «Peut-être était-il en plus grand conflit que nous tous avec la vie. Très beau, comme il était alors, en se déplaçant il entraînait avec lui un paysage de roman noir, tout transpercé d’éclairs. Il était possédé par une sorte de fureur qui n’épargnait pour ainsi dire aucune des institutions humaines, mais qui pouvait, à l’occasion, se résoudre en un rire où tout le défi de la jeunesse passait. N’empêche que cette fureur, par l’étonnante puissance de contagion dont elle disposait, a profondément influencé la démarche surréaliste. Elle nous a enjoints, autant que nous étions, de prendre véritablement tous nos risques, d’attaquer nous-mêmes sans retenue ce que nous ne pouvions souffrir.»). Au cours de cette période, il écrit des scénarios de films et des poèmes en prose, et plusieurs textes sont publiés dans La Révolution surréaliste, l’organe du groupe surréaliste. Le 10 décembre 1926, au cours d’une réunion du groupe, l’adhésion au parti communiste français est envisagée. Artaud refuse et quitte le groupe. Pour lui, la révolution doit être spirituelle et non politique. En 1936, Artaud part pour le Mexique et se rend à cheval chez les Tarahumaras pour être initié aux rites du soleil et du peyotl. Le 23 septembre 1937 est arrêté à Dublin pour vagabondage et troubles à l’ordre public et, quelque jours après, il est embarqué de force sur un paquebot américain faisant escale au Havre. Artaud racontera plus tard qu’à bord du bateau, on a voulu l’assassiner. Dès son arrivée, le lendemain, Artaud est remis directement aux autorités françaises qui le conduisent à l’Hôpital général, entravé dans une camisole de force. On le place dans le service des aliénés. Jugé violent, dangereux pour lui-même et pour les autres et souffrant d’hallucinations et d’idées de persécution, il subira cinquante-deux électrochocs qui achèveront de le briser physiquement. Antonin Artaud sort de l’asile le 26 mai 1946. Il retourne à Paris où il vivra encore deux ans. Le 13 janvier 1947, le Théâtre du Vieux-Colombier est assailli par neuf cents personnes du Tout-Paris littéraire et artistique, d’André Gide à André Breton. Dans un silence d’outre-tombe, de 21 heures à minuit, «Artaud le Momo» ressuscite. André Gide: «Jamais encore Antonin Artaud m’avait paru plus admirable. De son être matériel rien ne subsistait que d’expressif: sa silhouette dégingandée, son visage consumé par la flamme intérieure, ses mains de qui se noie.» Durant cette période, il est hébergé dans une clinique, mais libre de ses mouvements. Il y écrit sur plus de quatre cents cahiers d’écolier, et dessine des autoportraits et des portraits de ses amis. Atteint d’un cancer du rectum diagnostiqué trop tard, Antonin Artaud meurt le matin du 4 mars 1948. Et maintenant, dans un ouvrage fleuve construit comme un polar (L’affaire Artaud, éditions Fayard), Florence de Mèredieu raconte comment les cahiers d’Artaud ont fait l’objet, cinquante ans durant, d’une captation et d’un détournement éditorial dont s’est rendue complice une bonne partie de l’intelligentsia parisienne. Selon Florence de Mèredieu, philosophe et universitaire, la publication des cahiers d’Antonin Artaud n’aurait pas respecté les originaux écrits par le poète. Le 4 mars 1948, Antonin Artaud est retrouvé mort, au petit matin, dans son pavillon de la maison de santé d’Ivry-sur-Seine. Cela aurait pu être la fin de l’histoire, ce fut le début d’une invraisemblable bataille autour de son héritage symbolique qui se poursuit aujourd’hui encore. C’est que l’interné de Rodez, le plus marginal des marginaux du surréalisme, celui qui est le «suicidé de la société» s’était taillé violemment une place au premier rang de l’avant-garde culturelle. Il ne fallait pas que cela se perde. Paule Thévenin a été le passeur incontesté et unique d’Antonin Artaud pendant près de cinquante années. Là est le problème: unique parce qu’incontesté, ou l’inverse? Elle s’arroge le titre quelques heures après le décès du poète, puis réussit à obtenir l’honneur de «transcrire» — dans son esprit, de traduire, mais on ne l’apprendra que bien plus tard —, en vue de son édition, l’œuvre posthume laissée à l’état brut par son auteur. Paule Thévenin a, pour dire les choses simplement, quelque peu caviardé et aménagé l’œuvre du poète persécuté: elle a elle-même infligé un mauvais traitement au texte, et les éditions Gallimard, se sont rendues complices de ce forfait éditorial. Florence de Mèredieu montre comment le passeur, dont elle ne met pas en cause la bonne foi aveugle, a transmis une œuvre qui s’écarte de celle d’Artaud: à force de “petits arrangements” supposés rendre plus lisibles les écrits du poète, sa transcription est devenue une re-création. Le destin fragile d’Antonin Artaud a suscité la vocation messianique de Paule Thévenin, après leur rencontre en 1946: elle est alors étudiante en psychiatrie, mariée à un médecin, elle s’apprête à abandonner ses études et se passionne pour lui, qu’elle visite très fréquemment. Le matin de sa mort, prévenue par la maison de santé d’Ivry, elle arrive avant tout le monde sur les lieux et se serait emparée de la malle qui renferme tous les biens du poète: ses livres, sa correspondance, ses dessins et surtout la bagatelle de 406 cahiers qu’Artaud écrivait au jour le jour. De ce jour, Paule Thévenin a déniché une fonction qui a rempli toute son existence: déchiffrer les cahiers à l’écriture agitée du poète, transcrire, classer, et, finalement éditer aux éditions Gallimard les cahiers qui constituent la plus grosse partie des œuvres complètes du poète. Un labeur considérable, souvent ingrat, dont Paule Thévenin avouait elle-même qu’il a perturbé ses nuits, les lettres dansant une samba devant ses yeux éberlués. Pendant longtemps, ni Florence de Mèredieu, ni surtout les ayants droit d’Artaud n’ont pu avoir accès aux cahiers originaux sur lesquels Paule Thévenin a travaillé depuis les années 1950. Pourquoi? Soit un auteur qui avait coutume de vilipender le monde entier et, en premier lieu, ses proches: soit une famille supposée bigote, donc jugée incapable de comprendre et d’honorer une œuvre tout entière transgressive; soit des amis à la fois admiratifs et protecteurs d’Artaud qui perçoivent en Paule Thévenin la femme qui peut préserver l’œuvre du désastre qui l’attend. Car la famille bigote est supposée nourrir des ambitions vengeresses et même meurtrières contre l’œuvre d’Artaud. Une fois le poète enterré à Marseille, ces «Justes» du combat littéraire, parmi lesquels on trouve Sartre, Adamov, Jean-Louis Barrault, Balthus, Chagall, Julien Gracq, Jacques Derrida, ne doutent pas une seconde que ladite famille, si elle s’emparait des cahiers, pourrait les faire disparaître, puisque honteuse était la mère de voir son patronyme lié à des «cochoncetés». Dès lors, le «vol» de Paule Thévenin n’en est pas un. Ce serait la juste restitution à l’auteur, dont elle est devenue de fait l’exécuteur testamentaire littéraire «légitime» en dépit du droit «officiel». Un acte fondateur, qui va en faire la papesse des avant-gardes littéraires françaises au début des années 1980. Tout est donc en place pour rejoindre le schéma éternel des contes et légendes: un héros, une cause, des adjuvants et des opposants. La cause? La préservation et la valorisation de l’œuvre d’Artaud. Le héros? C’est évidemment Paule Thévenin qui soulève des montagnes pour éditer dans une quasi-clandestinité, les fameux cahiers Artaud. Ses adjuvants sont nombreux: les éditions Gallimard (dont les dirigeants ne pouvaient deviner, à l’origine, l’immense retentissement de l’œuvre du poète), toute une gauche littéraire et artistique, les dirigeants de la Bibliothèque nationale qui multiplie les embûches pour rendre difficile l’accès aux originaux d’Artaud et même un avocat célèbre, Roland Dumas, dont le cabinet prend la défense de Paule Thévenin. Les opposants sont évidemment les héritiers d’Artaud qui, depuis des dizaines d’années, mènent une guérilla juridique contre les éditions Gallimard afin de comparer les originaux et ce qu’en a fait Paule Thévenin. Ils sont totalement isolés, stigmatisés, à une exception près, celle de François Mauriac qui, à partir de correspondance, défendra l’idée d’un Artaud converti au christianisme. L’erreur est humaine... donc corrigeable. Or, et c’est là que Florence de Mèredieu, qui ne trouve pas place dans les contes et légendes de Paule Thévenin, devient sacrément convaincante: les comparaisons rendues possibles, à partir de 1994, à force de batailles juridiques pour avoir accès aux originaux, confirment à ses yeux que Paule Thévenin n’a pas respecté la continuité d’écriture du poète. Des bouts de cahiers sont regroupés selon une architecture dont elle seule détenait la logique; des dessins ou des annotations ont été supprimés. L’évidence s’impose: les éditions Gallimard se sont rendues complices de transformations des originaux, l’établissement de l’édition n’avait rien de scientifique ni d’admirable. Dès lors que le travail de Paule Thévenin est enfin apparu pour ce qu’il était, un travail «humain» susceptible de réformes, de contestations ou simplement d’erreurs, pourquoi tout l’establishment littéraire s’est-il levé comme un seul homme pour la défendre? Pourquoi faire comme si les requêtes de la famille du poète aujourd’hui représenté par un antiquaire peu enclin aux bigoteries, étaient forcément illégitimes et hostiles à la postérité d’Artaud? Pourquoi la société littéraire tient-elle absolument, dans ces circonstances, à éviter la vérité? Pourquoi honorer à tout prix une personne certes respectable mais dont tout indique — et le livre de Mèredieu nous convainc de ce point de vue — qu’elle s’est inventé une relation avec Artaud en même temps qu’elle remodelait ses cahiers? Florence de Mèredieu raconte ce curieux processus qui perturbe sa carrière universitaire depuis le début des années 1980. Mais elle n’apporte pas de réponse, même si elle rapproche judicieusement sa description du Paris littéraire de certains réflexes tribaux. En ce sens, son ethnographie, aussi drôle que pertinente, est incomplète. Les intérêts mercantiles de Gallimard, s’ils existent, ne fournissent pas une piste suffisante. Il n’y a pas non plus d’Artaud caché dont on aurait, sciemment, voulu effacer la trace. Il reste la bien-pensance, l’idéologie de la subversion poétique. Les pétitions d’intellectuels en faveur de Paule Thévenin fleurent bon la guerre froide littéraire. Congélation de l’adversaire. Refus d’écouter ses arguments. Ignorance, même, du réel. Lorsque, près de soixante ans après la mort d’Artaud, les éditions Gallimard rectifient les plus grossières erreurs de Paule Thévenin dans une nouvelle édition (Quarto) confiée à Evelyne Grossman, il se trouve encore des Roland Dumas, Hélène Cixous, Bernard Nöel et autres pour pétitionner à nouveau, sous le titre éloquent: «N’oublions pas Paule Thévenin.» La famille d’Artaud ne pouvait que saborder son œuvre et lui être nuisible, et la littérature ne pouvait que voir de preux chevaliers taquiner les frontières de la législation pour restituer le poète dans toute sa vérité et sa subversion. C’est tout le ressort d’un fonctionnement de la critique littéraire, une solidarité de caste nourrie par des réflexes pavloviens que son travail met à nu. Il est grand temps que ce mur de Berlin, très germanopratin cependant, tombe à son tour.

vendredi 15 janvier 2010

SUR L’ÉLECTROCHOC, LE CAS ANTONIN ARTAUD : Table des matières

Introduction

Mis au point en Italie en 1938, appliqué à l'homme en 1939, héritier des techniques de choc ou “sismothérapies”, l’ électrochoc connaît entre 1939 et 1946 un développement considérable en Psychiatrie. — L’œuvre et la vie d'Antonin Artaud (interné à l'Asile de Rodez de 1943 à 1946) interfèrent avec l'histoire de l'électrochoc. A la toute puissance médicale, susceptible de transformer en profondeur l'ensemble des données neurophysiologiques de l'être humain et de remettre le psychisme “à zéro” Artaud opposera ce cheval de Troie qu'est la littérature.
Au travers d'un formidable travail de la langue et sur la langue. C'est alors d'une véritable surrection et recréation qu'il est question la machinerie littéraire se faisant précisément électrique pour perturber en profondeur les effets du coma de l'électrochoc. — On trouvera dans cet ouvrage une histoire de l'électrochoc ainsi qu'une analyse de ses effets et contre-effets sur l'œuvre de cet écrivain d'exception que fut Artaud.

1 - De l'électrochoc resitué dans l'histoire de la psychiatrie

LES TRAITEMENTS ANTÉRIEURS :
Les thérapies de choc. — Un modèle : l’épilepsie. — Le coma. — Le traitement par l’insuline (1933). — Le cardiazol (1935). — Comparaison des méthodes.

L’ÉLECTROCHOC :
L’électricité dans le traitement des maladies mentales.— Cerletti et la mise au point de l’électrochoc (1938). — La crise et ses effets. — L’électrochoc en France (1940-1945). — L’électrochoc dans le monde.

L'ASPECT TECHNIQUE :
Automatisme de la machine et perfection technique. — Prothèses thérapeutiques. — Appareillage technique et déroulement de la crise. — La position des électrodes. — les cas d’auto-observations. — Accidents et contre-indications. — La conduite de la cure.

LES RÉSERVES :
L’électrochoc, “ monstre du Lochness de la thérapeutique ”. — La position du professeur Baruk.

DE L’INFLUENCE DES TECHNIQUES CONVULSIVANTES SUR L’ÉVOLUTION DE LA PSYCHIATRIE :
Une nouvelle trilogie : l’institution/le malade/le personnel soignant. — Une dimension expérimentale. — De l’usage de la statistique. — Quelques chiffres.

DES ANNÉES D’APRÈS-GUERRE À NOS JOURS :
L’utilisation intensive de l’électrochoc. — Réflexes conditionnés et placebos.

2 - Les aspects théoriques

Organicistes et dynamistes. — Mode d’action de l’électrochoc. — Hughlings Jackson (1835-1911). — Delmas-Marsalet et la théorie de la “ dissolution-reconstruction ”. — Les travaux de Jean Delay. — L’amnésie. — L’aphasie. — Breggin : La thérapeutique par altération mentale. — Un traitement moderne ! — Du fantasme de la machine à “ l’homme-nouveau ” électrique. — De l’électricité cérébrale. — Homme-machine et circuits cybernétiques. — Le traitement du temps.

3 - Le cas Antonin Artaud

L'enfance, le traitement à l'électricité. — Les traitements avant Rodez.
LES TRAITEMENTS À RODEZ :
L’électrochoc à Rodez. — Le cas Antoine A. — Les protestations d’Artaud. — Une formidable dénégation. — Artaud et ses médecins. — La thèse du Dr Latrémolière. — Les justifications ultérieures. — Les effets de l'électrochoc. — Les questions qui restent en suspens. — Le coût de l’électrochoc. —

4 - Littérature et psychiatrie : le choc de deux Titans

La cruauté asilaire. — L’internement d’une œuvre.
SOUVENIRS DE LA MAISON DES MORTS :
L’expérience des comas. — Une vie d’outre-tombe. — Les troubles de la mémoire et l’univers flottant des souvenirs. — Hypermnésie et pullulement des êtres. — Resserrer l’être. — Dédoublement, illusion des sosies et troubles du schéma corporel. — Sommeil, vigilance et syndrome d’influence.

MACHINES AUTOMATES :
Automatismes. — L’Automate personnel (1927). — Le corps-machine. — La machine à inscrire. — Du théâtre de la cruauté à la pantomime convulsive. — L’insurgé.

UNE NOUVELLE COSMOGONIE :
Une machinerie cosmique. — Hors temps, hors espace. — La verticale de l’être.

LE DISPOSITIF ÉLECTRIQUE :
La métaphore électrique. — Deux sortes de fluide. — la loi de l’ “ hom ”. — Une parenté “ électrique. — Le tonique, le clonique, le spasmodique. — Conduire le courant. — Prise de terre. — Faire “ résistance ”.

LA REFONTE DU LANGAGE :
La grande régression aphasique. — Le trouble de la langue. — Une langue organique. — Une langue archaïque. — Les Cahiers de Rodez. — La déliaison des énergies et la question de l’actuelle transcription des Cahiers. — Du dessin ou de la “ bouillabaisse ” des formes. — Les glossolalies. — Le cri, le râle et la syllabe. — Une tentative anti-grammaticale. — Intonations, interjections, fragmentations. — Un laboratoire de la langue. — Éloge de la cacophonie.

5 - Artaud / Bataille : le clos et l'ouvert

Une rencontre placée sous le signe historique du malentendu. — Artaud, ombre ou limite de Bataille ? — L'énergie. — La dépense. — La communication. — Rite du peyotl et pratiques consumatoires. — Une réactivation des pulsions (orales, sexuelles, anales). — Électro-choc et mystique. — "L'Acéphale".

Conclusion

Du statut des internés illustres. — Artaud et l’ethnopsychiatrie. — Le symbolique. — Cruauté technique et “ merveilleux ” asilaire. — Transparence et opacité.

Bibliographie

NOTA BENE : publié au printemps 1996, cet ouvrage se complète de recherches et découvertes, effectuées ultérieurement et qui m’ont permis d’affiner la question :
- “ Les premières années d’asile ” et “ La période de Rodez ”, in C’était Antonin Artaud, Fayard, 2006, pp.. 649 à 863.
- “ Nos amis les psychiatres… ”, in L’Affaire Artaud, Fayard 2009, pp.. 293-373.

Livre : Sur l'électrochoc, le cas Antonin Artaud

mardi 12 janvier 2010

BECKETT. LES ROSES DE XIAN. LES ROSES DE MANHATTAN.

"Au fin fond du camp, dissimulé sous quelques lambris de paille et de sciure, le détenu Beckett, matricule 1000001, cultive un plant de rosier. Celui-ci fut d'abord une pâle bouture..." (Et Beckett se perdit dans les roses...)

Comment parler d'un livre que bien peu ont lu... ou liront ? Ce livre dont certains m'ont dit qu'il s'apparentait à un OVNI ?

L'attachement que l'on porte à ses propres livres est souvent inverse de leur diffusion et "retentissement". Cet ouvrage, qui sortit en 2007, est de ceux-là. J'ai de la difficulté d'ailleurs à le porter et supporter. Tant il est à la fois léger (ce que retiennent ceux qui le considèrent de l'extérieur), dérisoire, et "cruel".

L'ouvrage mêle, entremêle, textes et photographies. Les roses de Xian, ces photographies dont beaucoup furent prises en Chine, à l'ombre d'une antique pagode, se mêlent aux roses de Manhattan, ces roses qui, à l'instar des humains, furent réduites en cendres le 11 septembre 2001 et ces autres roses qui fleurirent, on peut l'imaginer, dans les camps de la mort.

Les fleurs, c'est bien connu, peuplent les cimetières. Comme elles jonchent l'œuvre entière de Samuel Beckett.

Mais allez donc imaginer une rose poussant à l'ombre des crématoires ! C'est là cependant la cruauté des choses. Et Beckett, qui chérissait les fleurs, et tout particulièrement les roses et la couleur rose, s'y connaissait en matière de cruauté.

Livre : Et Beckett se perdit dans les roses

ROSES. ROUGES. JAUNES. LES FLEURS DE SAMUEL BECKETT.

"La tête géante coiffée de fleurs et d'oiseaux se penche sur mes boucles..." (Samuel Beckett, Comment c'est)

Chaque écrivain génère, chez ses lecteurs, un certain nombre de clichés. À la vie particulièrement dure. Confondre le monde de Samuel Beckett avec l'image d'un univers uniformément GRIS est de ceux-là.

L'absurde beckettien déploie certes les lettres de noblesse du GRIS jusqu'à puis plus. Mais s'en tenir là serait une grossière erreur.

Car les couleurs pullulent chez Beckett. Leur représentation passe fréquemment par la mention de ces fleurs qui parsèment l'œuvre entière. Crocus. Pâquerettes. Jacinthes. Lilas. Résédas.

Et surtout : les ROSES. Celles-ci s'effeuillent à tous les contours de l'œuvre. Elles y sont gaies, charnelles. Parfois décrépites. Menaçantes ou dérisoires. Et à coup sûr farfelues. - Décalées.

L'œuvre grise de Beckett se double d'une œuvre "au rose", comme l'on dirait d'une œuvre qu'elle est "au noir".

Ce sont-là évidemment subtilités. Qui forment la matière de cet ouvrage kitch et dévoyé...

Et Beckett se perdit dans les ROSES...

Livre : Et Beckett se perdit dans les roses

dimanche 10 janvier 2010

lundi 4 janvier 2010

2010 : DES VŒUX PIQUANTS... TRÈS PIQUANTS...

Venise, 2009 ©FDM

Cette année 2010 que je vous souhaite :
GAIE et "PIQUANTE"
comme ces "peperoncino" vénitiens.