dimanche 10 mars 2013

LA PECHA KUCHA DE L’AICA ET DU PALAIS DE TOKYO.

Enfin un vrai débat inutile. — Tournant autour de cette intervention « ramassée » en 20 images et 6 minutes 40 de présentation d’une artiste-femme (nous étions le 8 mars) par 10 critiques d’art. Présentation proposée conjointement par l’AICA (Association internationale des critiques d’art) et le Palais de Tokyo.

Réaction immédiate, lettre ouverte et pétition sur le site d’Elisabeth Lebovici : NON. - Cette « gentille affaire » étant très bien résumée sur le site de la revue Mouvement, j’y renvoie les internautes (des deux, trois ou quatre sexes confondus : la question d’ailleurs est-elle là ?) : lien ci-dessous.

L’information m’était récemment passée sous le nez. — J’avais trouvé l’exercice extrêmement « casse-gueule » et difficile et ne m’y serais certainement pas risquée.

C’est que, voyez-vous, 6 minutes 40, c’est extrêmement long. On peut en accumuler des âneries et des platitudes [ou des merveilles]. Quant aux 20 images : en 6 minutes 40 et 20 images, on peut soit sauter au septième ciel, soit copieusement s’ennuyer.

Les futuristes, déjà, s’étaient essayés aux œuvres éclair. Mais elles étaient bien plus courtes et ramassées. Et (temporellement parlant) « fulgurantes ». Vous me direz qu’ici, il s’agit du discours critique et non des œuvres. Et qu’après tout, on peut tenir un discours bref sur une œuvre (ou performance) interminable.

Généralement c’est l’inverse qui se produit : le critique disserte et disserte jusqu’à plus soif sur les œuvres les plus brèves, des œuvres éphémères et qui (parfois) devraient le rester. — La durée d’une œuvre (ou d’une critique) ne saurait donc être un critère de sa pertinence.

Il me semble finalement que cet exercice devrait être réservé aux critiques extrêmement prolixes et bavard(e)s. La question serait de les trouver, les nommer, les coincer, les acculer : Vite. Vite. Résumez-vous.

Et là, je m’aperçois que j’ai fait très long. Trop long. Je m’arrête.

Un Post-scriptum, toutefois : je ne suis pas très sûre de la « source japonaise » du « pecha kucha ». – « Le bruit de la conversation », certes, certes. Mais s’agit-il, ici d’une « conversation » ? Il ne semble pas. Les fondateurs du « joujou », Astrid Klein et Mark Dytham, sont, en tout cas, deux apparents « occidentaux ». Et l’opération relève du plus charmant et du plus efficace marketing.

Rien à voir donc avec le « haïku », comme on peut le lire ici où là.

Le haïku relève d’un autre monde.

Revue Mouvement - Pecha Kucha de l'Aica

1 commentaire:

  1. "Le haiku relève d'un autre monde" : J'aime beaucoup ! (Jean-Marc Adolphe, rédacteur en chef Mouvement)

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