lundi 2 novembre 2026

32 ans d’Histoire de l’Art MODERNE et CONTEMPORAIN (1994-2026).

Florence de Mèredieu,
Histoire Matérielle et Immatérielle
de l’Art Moderne et Contemporain.

Éditions Larousse, 2026.


Résultat d’une Commande effectuée en 1990 par les Editions Bordas, paru au printemps 1994, cet ouvrage est signalé dès sa parution comme une « Bible de l’Art moderne » et salué très vite par les libraires et le public comme un « ouvrage de référence ».

36 ans après sa première mise au point (sous la forme d’un gigantesque plan accroché au mur par son auteur) et successivement réédité sous les espèces de 5 couvertures différentes. Avec de conséquents ajouts et une transformation progressive de son iconographie, l’ouvrage poursuit son aventure.

Visant un large public (amateurs d’art, enseignants, étudiants, lycéens, universitaires, historiens et critiques d’art (qui s’y sont discrètement abreuvés) le livre est conçu comme une gigantesque grille englobant tous les faits d’art.

D’où la mise en place (dès les premiers temps du livre) d’une sorte de double « Work in Progress » : l’auteur a, tout d’abord, continûment enrichi et augmenté l’ouvrage, de préfaces et textes divers mais aussi d’ajouts conséquents. Comme en 2008, avec la création d’une nouvelle grande « partie » concernant le passsage de l’art du XXe au XXIe siècle.

L’iconographie a également été progressivement modifiée; les « œuvres phares » sont restées. D’autres plus récentes sont apparues.

Deuxième volet du "Work in progress", vous êtes invité à vous servir du livre comme d’un » instrument «, permettant d’amplifier l’ouvrage, en choisissant (au cours de vos visites d’expositions, goûts ou lectures) de prolonger et enrichir le livre en « glissant entre les pages » des sortes de fiches ou de repères concernant d’autres œuvres et d’autres artistes.

Une double focale (lointaine et synthétique ou bien proche et très détaillée) donne du relief à l’ensemble ce cet ouvrage dense. - Le Livre s’ouvre en 1875 (avec le renouveau de l’art surgi dans le sillage de l’impressionnisme) et se poursuit jusqu’à aujourd’hui et au-delà.

Il s’agit d’une étude transversale et résolument pluridisciplinaire : d’une Histoire de l’art faisant largement appel à la philosophie, aux sciences humaines ainsi qu’aux développements des techniques de pointe (vidéo, Internet, art numérique, robotique, etc.).

Basée sur un total changement de modèle et de paradigme, cette histoire se focalise sur la question de la matière et des matériaux, en intégrant la dimension « immatérielle » de l’art (temps/espace/vide/vitesse/énergie, concept, etc…).

Elle demeure en ce sens notre contemporaine, tout en plongeant ses racines dans une culture remontant aux sources mêmes de l’expression artistique.

Couverture du livre à sa sortie, chez Bordas,
au printemps 1994.
Illustration : Anselm Kiefer, Livre 51,
photographie sur plomb traité à l’acide (1990-92).


mercredi 28 octobre 2026

Van GOGH dans la Collection GUSTAVE FAYET.

GUSTAVE FAYET (1865-1925)
Collectionneur et Créateur.
Icônes de l'art moderne.

Fondation VUITTON
Exposition du 9 octobre au 8 mars 2027.


La Fondation Vuitton frappe très fort en nous faisant redécouvrir d’un bloc un inestimable ensemble de peintures pour beaucoup ignorées.

Dispersées sur un temps long après la mort (en 1925) du Grand collectionneur que fut Gustave Fayet, un magnifique ensemble de la peinture de la fin du XIXe siècle ressurgit d’un coup. Des œuvres étonnantes s’offrent à nous, découvrant des aspects inconnus de quelques-unes des icônes de la peinture (Renoir, Cézanne, Matisse, Gauguin, Odilon Redon…).

Van Gogh est de ceux-là; qui ne vendit quasiment pas de son vivant, mais dont on comprend qu’on n’a pas encore épuisé tous les recoins de l’analyse qu’il fit de la nature et de l’environnement. Dix après la mort du peintre en 1990, Gustave Fayet réunira dans sa collection seize œuvres de l’artiste.

Son AUTOPORTRAIT (à l'oreille coupée, 1888) est ici : Cireux. Maigri. Émacié. Hagard. Un "fantôme" d'autoportrait. Réduit- comme un simple cintre - à ses accessoires : bonnet, pansement, pipe, large veste boutonnée. La fumée, seule, reste vivante et en mouvement. L'homme s'est comme échappé de sa défroque.

Van Gogh, Usines à Asnières,
vues depuis le Quai de Clichy, 1887.
(Saint-Louis Art Museum, USA).


Usines à Anières (1887) nous révèle toute l’acuité du regard de van Gogh face au monde industriel naissant : au delà des champs et des maisonnettes aux touches et détails rutilants, les hautes cheminées des usines d’Asnières, crachent leurs fumées dans un ciel qui s’en retrouve peint et repeint autrement. De gris, de cendres et de volumineuses volutes.

Les plans s’étagent en profondeur, créant de singulières ruptures. Le paysage est encore campagnard, le village demeure coloré, ceinturé qu’il est du hachis brun et vertical d’une haute barrière brune.

Mais au-delà, une toute autre atmosphère se fait place dont on comprend qu’elle envahit ciel et terre du gris de ses cendres et de ses fumées. Un monde industriel est né qui n’a pas finit de grignoter les espaces naturels et urbains.

Van Gogh, Les Grands Platanes (Les Cantonniers )
Saint-Rémy, 1889, Cleveland Museum of Art.


Deux ans plus tard, en Arles et dans le Midi, la nature demeure vigoureuse et puissante. Les arbres noueux, les éboulis de terres et de pierres qui peuplent les chemins de Saint-Rémy de Provence, s’enflamment de ces jaunes et ces orangés qui sont ceux du soleil.

La nature elle aussi, qui entoure aujourd’hui superbement le vaisseau de la Fondation Vuitton, à l’orée du bois de Boulogne, nous fait elle-même comprendre qu’il convient de la protéger. A l’encontre de toutes les convoitises urbaines et industrielles.

Gustave Fayet lui-même devait ressentir cet aspect de l’industrialisation, lui qui fit (en tant qu’armateur) transiter tant et tant de marchandises - d’écluses en écluses et de niveau en niveau en une cascade réglable - tout au long du Canal du Midi.


Exposition à la Fondation VUITTON

Béziers - Les 9 écluses, Canal du Midi.
Carte postale ancienne.



dimanche 25 octobre 2026

PARIS / OCTOBRE 2026 - Sans Paroles.

MAGRITTE, L’Empire des lumières, 1961 (DR).


mardi 20 octobre 2026

Le PLUMIER d’EUGÉNIE. La Librairie de Teddy à MUGRON.

Médiathèque de MUGRON (40250) :
Teddy et Mari-Jo Lasserre dans le cadre de la Journée
« Philosophie, Art et Nature », le 3 octobre 2026
(Photo ©FDM)


Une occasion pour saluer l’une de ces vaillantes librairies indépendantes qui animent les petites villes de nos régions. Constituant autant de lieux de « rencontres » et de découvertes. Traitant les livres et la culture en proposant aux habitants tout cela qui traditionnellement accompagne le processus de la lecture et de l’écrit : livres, papiers divers, plumes, cahiers, crayons et objets variés.

Libraire récemment arrivé dans les lieux et natif de la région, Teddy est plein d’enthousiasme et fourmille de projets d’animation. Nous lui souhaitons tout le meilleur et la réalisation de ses rêves.


Librairie Le plumier d’Eugénie

Plumier ancien à décor d’oiseaux (1900-1920)
Carton bouilli ou papier mâché


dimanche 18 octobre 2026

L’Atelier du sculpteur : JACQUES LASSERRE.

La Cage à oiseaux, "Autoportrait", 2024,
(bois assemblés et collés) ;
« Le Fumeur », 1973,
(bois de châtaignier, hommage à Zadkine).


Jacques LASSERRE, sculpteur.
Travaille dans les Landes.


De passage en Terres de Chalosse (pour une conférence sur l’Art et la nature), j’ai eu le plaisir de visiter un atelier de sculpteur très proche. Pénétrer -, quasi à l’improviste - en plein cœur d’un atelier est toujours une expérience précieuse. Et délicate. On se coule dans l’atmosphère. On découvre une aventure et une vie.

Vue de l’Atelier », octobre 2026.


On a l’avantage d’être dans l’antre où « tout » se passe et se noue. Pot-pourri ou collage au mur reflétant les fantasmes et la longue histoire culturelle de l’artiste. Son rapport à l’image et au monde. Des figurines sont là - maquettes ou préfigurations de sculptures déjà produites ou seulement imaginées.

Lady Godiva 2, travail en cours.


On a la chance ici de tomber sur une œuvre en devenir. Déjà dégrossie. Mais non finie ou polie. Un petit cheval chevauché par une « Lady Godiva » en bois de noyer, brute encore dans la masse. Si belle et mystérieuse dans la lumière bleutée de l’atelier.

La Pomme d’Adam », 2015 (buis).


Dans les pièces qui jouxtent l’Atelier sont là (comme dans une galerie à usage intime) les œuvres achevées. Telle cette « Pomme d’Adam » aux circuits moelleux et contournés, sculpture qui « prend son temps dans l’espace », lisible et caressable de la main et de l’œil. - Dans tous les sens et sous toutes les tournures. Lisse et polie de mille et une façons.

« Légionnaire et son chien », 1999,
d’après une légende d’Hector Serres, écrivain landais.


La visite se poursuit en extérieur. La terrasse verdoyante abrite au cœur de ses frondaisons quelques maquettes de commandes plus monumentales. Comme le « Légionnaire et son chien ». - On bascule dans un autre univers : celui des mythes, des contes et des légendes qui alimentent fréquemment les commandes dont la fonction est d’animer le tissu urbain des villes et des villages. Il s’agit de la maquette en béton cellulaire pour une Fontaine avec sculpture en bronze (206 x 78 x 8 x 86cm) érigée place de la cathédrale de Dax.

« Un légionnaire en garnison à Dax avait un chien perclus de rhumatismes. Partant en campagne et sachant que son pauvre chien ne pourrait le suivre, il se résolut à le noyer. S’armant de courage, il le jeta dans l’Adour. Quand il revint, il eu la surprise de retrouver son chien revigoré par la boue thermale dans laquelle il avait échoué au bord du fleuve. Le Thermalisme était né. » (Texte « Fontaines de France »)

Fontaine de Narrose, "SUR LE PONT", 2004
(pierre de Massangis)


À quelques encablures de l’Atelier de l’artiste, une autre fontaine de pierre nous attend. Deux adolescents de pierre blonde contemplent l’eau qui coule ou pourrait couler pour le plus grand plaisir du promeneur. Sur le pont : les attitudes sont figées et suspendues…

Cette promenade sculpturale nous aura mené d’un espace à un autre, d’un volume à d’autres circonvolutions spatiales. On y aura apprécié le grain et la peau particulière de chaque matériau : bois ou pierre, plus ou moins dégrossi, entamé, poli. Différemment travaillé… Et qui se propose à la palpation du visiteur ou du promeneur…


Parcours de Jacques LASSERRE

Photographies ©FDM, 2026.


lundi 14 septembre 2026

ART et NATURE (Mugron, Terres de Chalosse).

Dans le cadre des rencontres philosophiques
animées par Marie-Jose Lasserre

Le Samedi 3 octobre 2026
entre 10h30 et 17h

à la Médiathèque de MUGRON
8, rue Vincent DEPAUL,
40250 - MUGRON.

Conférences sur le thème des rapports
entre l'ART et la NATURE.


à 10h30 :

Florence de Mèredieu, philosophe

« ART ET NATURE »
Les avatars de la Re-Présentation
dans l'Art Moderne et Contemporain.

Dans le monde de l'art, la « représentation de la nature » subit entre 1875 et aujourd'hui des prolongements et aussi des modifications ... La conférence présentera ces « résistances » et ces « transformations » au travers de nombreux exemples qui vont de l’Impressionnisme jusqu'aux installations et performances de l'Art Contemporain.

à 15h30 :

Jean-Philippe Mercé,
formateur en histoire de l'art

« L'AR(T)BRE »

L'arbre est une figure intemporelle ! Sa présence symbolique se lit dans les récits mythologiques, les traditions populaires, les créations contemporaines... Qu'il soit dieu, idée ou image, être de bois à sculpter ou de vie à protéger, l'arbre est un motif permanent de l'histoire de l'art.

Gratuit
(Réservation conseillée).

Tél : 05 54 84 01 10

Adresse mail : mediatheque@terresdechalosse.fr

David Hockney, The Moon Room, 20 nov. 2020.
©Photo Courtesy Galerie Lelong.


vendredi 2 janvier 2026

2026. De la LUNE à GERHARD RICHTER...

Georges Méliès, Voyage dans la lune, 1902.


Deux années se sont entrechoquées,
glissant l’une dans l’autre.
La dernière s’achève dans le flou et le faux
au moment même où la nouvelle année plonge,
la tête la première, dans un épais brouillard.

La signature d’un décret, ce 18 décembre 2025,
relance un programme de retour sur la lune d’ici 2028.
L’Amérique se place sur un terrain de compétition avec
la Chine qui prévoit d’alunir aux environs de 2030.
Mars, de son côté, étant abandonnée à Elon Musk :
Test réussi pour sa méga-fusée "Starship" (Space X),
ce 26 août 2025.

On est loin des fantasmagories de Georges Méliès.
Et plus proches de Jules Verne :
De la Terre à la Lune (1868).
Son roman d’anticipation se déroulait sur le sol américain
à la fin de la guerre de Sécession.
Le projectile à envoyer sur la lune
était tout hérissé de drapeaux américains.

Illustration "L'arrivée du projectile à Stone's-Hill »,
tirée du roman "De la Terre à la Lune" de Jules Verne,
publié en 1868.


"Colonisation". Extension du territoire. :
2026... 2027... 2028...
LA LUNE EST ÉBORGNÉE, MÉCONTENTE...
... ET S'ÉNERVE!
Il ne s’agit plus de science fiction,
de littérature ou de poésie,
mais de PURE POLITIQUE.

Envol de la Méga-fusée "Starship" de Space X,
le 26 août 2025. ©DR.


Pour 2026
on se plongera dans une autre rigueur,
celle du FLOU ET de l’INCERTAIN
des toiles de...

GERHARD RICHTER
"Visiting" Gerhard Richter,
Installation de l’artiste (11 panneaux de verre produisant un effet de flou 2004).
Photo ©FDM 2025.


Que regarde Betty, la fille de Gerhard Richter,
qui a 11 ans lors de la prise de la photographie
qui fut le point de départ du tableau ?
Pourquoi se retourne-t-elle ?
Quel est le monde qu’elle contemple ?

Gerhard Richter, « Betty », 1988,
huile sur toile. © DR.


Maître absolu et de la rigueur et du flou, né à Dresde en 1932, Gerhard Richter aura traversé l’histoire du monde (la tragédie de ses guerres, ses faux-semblants politiques, ses transformations et ses apocalypses) en y opposant le pouvoir de la science picturale. Peindre et produire « un autre monde », une autre réalité qui retienne le réel sans s’y absorber.

Acuité et tendresse dans le flou, fausses transparences et rigueur picturale, jeux de miroirs où le spectateur des œuvres se retrouve pris et piégé. Jeux de glacis et savant recouvrement/dévoilement, opérés par les racloirs et brosses du peintre.

Gerhard Richter, « Venise (Escalier) », 2007,
huile sur toile. © DR.


Commencez cette année incertaine en vous perdant
et retrouvant dans les méandres
de la rétrospective Gerhard Richter de
la Fondation VUITTON
jusqu'au 2 mars 2026.

Sans oublier le bel espace dégagé par
la Galerie ZWIRNER
qui est venue compléter de quelques œuvres essentielles
la connaissance de l’œuvre de Richter.


Pour vous, vos proches, et pour le monde,
je vous adresse quelques vœux vifs, secs et fruités.
Comme ce vin aux effluves baroques
ce Tokay Pinot gris de 2003 dégusté récemment.